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Blog des randonneurs de l'association " Bayonne Accueille ", heureux de se retrouver une ou deux fois par semaine et de partager le plaisir de la rando dans ces si belles montagnes basques.

ZARGAMBIDE ( 670 m ) depuis OLHATEA.

JEUDI 9 AVRIL 2026.

SUR LE FIL DE LA CRÊTE DE ZARKAMBIDE*

À défaut d'une journée pluvieuse qui aurait permis de faire la grasse matinée et d'aller au cinéma, on se dit qu'une rando avec Anita pourrait compenser. D'autant que la journée s'annonce belle et que le programme prévoit l'ascension de la crête du Zarkambide. On se souvient effectivement de cette rando, une grande classique, qui offre des vues magnifiques sur les sommets enneigés des montagnes environnantes. Alors, tope-là, que je t'envoie un mail à Anita disant « je m'inscris ».
(Ce faisant, on oublie que la mémoire est sélective et qu'elle a tendance à minorer les efforts que demande la grimpette. Mettre un pas devant l'autre, c'est facile, sauf quand il faut s'élever sans discontinuer sur une pente de 10% ou plus, on le constatera après, mais bon, une fois que les chaussures sont chaussées, on ne va pas les déchausser, n'est-ce pas?)
Nous sommes dix-huit à nous retrouver au départ de Bidarray, un nombre presque ridicule si l'on se réfère à des randos récentes. Nous commençons par une descente, aïe, aïe, c'est mauvais signe, plus forte sera la descente, plus dure sera la remontée, on connaît la chanson. Encore plus mauvais signe, Anita hésite quant au sentier à prendre, le premier nous conduit à un grillage sans issue. Mais bon, tout est bien qui marche bien, on retrouve le bon, celui qui va nous conduire au sommet de la crête. Juste avant de donner le signal du départ aux randonneurs qui piaffent d'impatience, Anita donne ses recommandations : chacun grimpe à son rythme certes mais un, en suivant le chemin existant et deux, en s'arrêtant au premier promontoire de façon à ce qu'elle, Anita, puisse toujours avoir à vue l'ensemble des randonneurs. Elle nous rappelle aussi qu'à côté d'une crête, il y a du vide et même un grand vide, alors interdiction de s'approcher à moins de deux mètres du bord de la crête. Tout le monde a compris ? Oui Cheffe ! répondent à l'unisson les randonneurs, surtout ceux qui n'ont rien écouté. 

ZARGAMBIDE ( 670 m ) depuis OLHATEA.
ZARGAMBIDE ( 670 m ) depuis OLHATEA.
ZARGAMBIDE ( 670 m ) depuis OLHATEA.
ZARGAMBIDE ( 670 m ) depuis OLHATEA.
ZARGAMBIDE ( 670 m ) depuis OLHATEA.

Le signal est enfin donné, allez, go, c'est parti, nous nous élançons sur la pente du Zarkambide. Et ça commence mal, très mal : l'un des randonneurs, dont je ne préfère pas donner le nom par pure charité chrétienne (je dirai juste qu'il a un prénom composé), sort de la file pour vivre son propre itinéraire. Il est aussitôt rattrapé et tancé vertement par Anita qui lui est explique que quand chemin il y a, il faut le suivre. Penaud et confus, le rouge aux joues, la tête baissée, le randonneur rentre dans le rang et sur le chemin tracé.
Très vite, la file s'effile. « La route est droite mais la pente est forte » avait dit un jour à l'Assemblée nationale Jean-Pierre Raffarin, alors Premier ministre de la France. S'il avait pensé au Zarkambide, sans doute aurait-il dit TRÈS forte car, c'est vrai, elle est plus que pentue cette pente. Cela n'empêche pas certain (au singulier) de s'élever à grandes enjambées et de filer vers le sommet, pourtant éloigné, à vitesse grand V sans jamais s'arrêter. Quoi, sans jamais s'arrêter ? Qu'a dit Anita, malheureux ? Ne l'as-tu point écoutée ? Sais-tu que d'autres ont été abandonnés au plus profond de la grotte d'Oxocelhaya pour moins que ça ? Pauvre de toi ! Ta seule circonstance atténuante est que tu es une recrue récente et que tu ne connais pas encore les terribles colères d'Anita.
Quoi qu'il en soit, chacun, chacune suit le désobéissant comme il (elle) peut, de plus en plus loin à chaque pas, le perd de vue même et ne le retrouve que trois bons quarts d'heure après au sommet de la pente. Nous étions dix-huit au départ et le miracle est que nous finissons par nous retrouver à dix-huit en haut de la crête (670m), tentant tant bien que mal, de faire baisser notre rythme cardiaque au-dessous de 100 battements par minute. On boit, on croque une barre de céréales, on avale une banane, l'objectif premier est de reprendre suffisamment de force pour repartir. C'est le moment que choisit alors Anita pour haranguer sa troupe. Elle rappelle que la randonnée est un art qui, comme tous les arts, a ses règles et ses interdits et que, donc, quand elle demande de s'arrêter à un promontoire, on s'arrête au promontoire, non mais sans blague, sacré nom de non, je ne vous le dirai pas deux fois !

ZARGAMBIDE ( 670 m ) depuis OLHATEA.
ZARGAMBIDE ( 670 m ) depuis OLHATEA.

Cela dit, entendu et compris (enfin, on espère), la troupe repart, tout heureuse de constater qu'il en est fini des pentes vertigineuses. Direction : le col de Mehatze. Après le col d'Espalza et avoir croisé le GR10, nous marchons un petit temps sur un chemin quasi plat (quel bonheur), avant d'aviser une bergerie où nous nous arrêtons pour prendre un pique-nique amplement mérité. Nous nous apercevons alors qu'une fois assis, il ne fait pas si chaud que cela. Nous savourons néanmoins ce moment de repos avec délectation en discutant de choses et d'autres mais surtout de choses avant de remettre nos sacs sur le dos puis de repartir. Le flanc de montagne que nous traversons alors a subi l'outrage d'un écobuage peu de temps auparavant. Pas de fleurs ni d'herbe, juste des arbustes noircis qui décorent nos bas de jambes. De plus, le sentier est jonché de petits cailloux qui roulent sous nos chaussures et qui vont en faire tomber quelques unes. Il faut être attentif sinon dure sera la chute. Le rythme ne faiblit pas pour autant, la route est longue, allongeons la jambe. Le retour se fait par les cols de Mehatze (720m) puis de l'Ane (584m). Le sentier caillouteux laisse place à un chemin pierré, la civilisation est proche, nous la retrouvons à Olhatea en même temps que nos voitures.
Pas question de se quitter si vite, nous nous arrêtons à Bidarray pour un dernier rafraîchissement avant de regagner Bayonne. Belle rando, belle fatigue, merci Cheffe Anita !

Distance : 11,2km dénivelé : 620m

*Pour désigner ces crêtes on rencontre plusieurs variantes : Zerkanbidé ou Zarkanbide ou encore Zarkambidé avec un e aigu. En basque, le e sans accent se prononce comme le é du français donc l'accent semble redondant. L'IGN écrit Zerkanbide, OpenStreet Zarkanbide


Jean-Philippe

Les photos :

Jean-Philippe.

Amalia.

 

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